Sébastien Daudin cherchait des locaux pour abriter les cours de Français donnés par l’association OuverTüre qu’il préside. L’Institut Français quittait après plus de 10 ans de présence le 21 de la Zeppelinallee, mais plusieurs raisons empêchèrent son installation à sa place.

L’enthousiasme et l’énergie du jeune homme qui se voue à l’amitié franco-allemande eurent cependant vite fait de convaincre la propriétaire des lieux à adopter un concept innovant de cours de français à thème. Animée de son côté par le souhait d’un rapprochement entre deux régions déjà partenaires dans le cadre du jumelage entre la Hesse et l’Aquitaine, et une idée en poussant une autre, ils en arrivèrent à un projet de cours de conversation française sur le thème de la gastronomie périgordine dont elle pouvait aisément parler, habitant en Dordogne où elle est aussi trufficultrice. De plus, sa fille Adèle, actuellement manager à Londres dans une maison française de vins, rêverait de perfectionner maintenant son allemand à Francfort… pour y promouvoir le patrimoine vinicole de son Périgord natal…

Ces cours de conversation française reçus au rez-de-chaussée de la même maison, deviendraient-ils le tremplin d’une future maison du Périgord ? Ils ouvraient en tout cas une nouvelle ère de cours pour OuverTüre.

Le 25 septembre 2010, un « A table chez les Périgordins !», directement inspiré de l’ouvrage du même nom écrit par le chef Jacques Teyssier avec le soutien du conseil général de Dordogne-Périgord, inaugurait la série. Il y avait au menu des produits du terroir, pour la plupart offerts par les producteurs, du célèbre foie gras jusqu’aux gâteaux aux noix, en passant par une truite fumée traitée en terrine, sans oublier les non moins célèbres cabécous du Périgord, présentés en aumônières avec une petite confiture d’oignons. La « spécialiste » des vins commenta évidemment la palette de Bergerac exceptionnels qui accompagnaient les mets : un somptueux « Femme je vous aime », nectar du Château Montdoyen dans le Monbazillac, un liquoreux qu’Andreas Larsson compare aux meilleurs Sauternes, un Château Tiregand de la famille de Saint Exupéry en ambassadeur des Pécharmant,  les « Moulin Caresse » rouge et blanc pour les Montravel – le terroir de Michel de Montaigne –  et les fameux bio du Château de la Jaubertie. Il y avait même un petit débordement de frontière avec un cognac Jean Fillioux inimitable, le Star Gourmet, que certaines dames goûtaient pour la première fois sur une bouchée de fondant au chocolat…

Ce fut vraiment un moment cordial où l’on s’est même  amusé à réaliser quelques recettes en les comparant aux produits finis… Et l’on s’est bien débrouillé, notamment avec la truite de Christian Fargeot, ce Périgordin amoureux des ruisseaux et des rivières… Mais les produits finis étaient vraiment tout aussi bons, que ce soit les foies gras de la famille Pèlegris à Aubas ou les gâteaux « Lou Cocal » d’Olivier Charpenet à Sarlat.

Et l’on n’a vraiment parlé que le français au 21 de la Zepp, de mieux en mieux du reste au fil des vins, avec progrès assurés au dessert ! La prochaine fois ? Elle aura lieu le 11 décembre 2010, avec au menu du foie gras de la famille Pèlegris évidemment, mais suivi cette fois, car ce sera la saison, de tagliatelles à la « truffe du Périgord » toute fraîche puisque cavée (expression consacrée à la recherche des truffes) de l’avant-veille ! On recommencera les cabécous en aumônières qui furent un succès, et sans doute encore ces délicieux fondants aux noix et au chocolat de Lou Cocal.

Avec toujours un judicieux choix de vins de Bergerac dont la particularité est d’offrir une palette de goûts et de couleurs allant de l’apéritif au dessert. Et l’on craquera bien sûr à nouveau pour le cognac Jean Fillioux…

S.B.

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A table

Mis à jour (Mercredi, 17 Novembre 2010 17:05)