La vieille montre de poche
Dans mon histoire, il s’agit d’une vieille montre de poche avec des chiffres romains et sans capot de protection, du 19ième siècle, faite par l'horloger français Jean Antoine Lépine.
Malheureusement, elle ne fonctionne plus. Elle a probablement peu de valeur matérielle mais pour ma famille, elle a encore une grande importance.
Depuis des générations, cette montre est dans la propriété familiale et elle est toujours léguée de père en fils. Le dernier propriétaire de la montre était mon arrière-grand-père Ernst.
Au début de l’année 1941 mon arrière-grand-père Ernst a rencontré ma grande-grande-mère Irma. La jeune femme belle avec des cheveux roux et le grand homme mince sont tombés amoureux. A l’époque mon arrière-grand-père avait 26 ans et mon arrière-grand-mère avait 21 ans. A cette époque des guerres terribles, des deux rêvaient d’un avenir en paix et qu’ils pouvaient partager.
Mais leur bonheur était de courte durée. Sur les champs de bataille de l’Europe, beaucoup de soldats sont morts dans la seconde guerre mondiale. Ernst a également été incorporé dans un régiment qui est parti pour la Russie. Avant son départ, les deux se sont mariés et ils se sont juré fidélité éternelle. Il a dit : "Ma chère, je reviendrai ! Garde ma montre de poche, elle te portera bonheur et tu te souviendras de moi quand tu la regardes." Il l’a embrassé.
Bientôt Irma lui a écrit qu’elle attendait un bébé. Les deux étaient très heureux et ils attendaient de se revoir. La situation des soldats allemands en Russie est devenue désespérée pendant ce temps. Les lettres d’Ernst étaient rares. Irma était très seule. Souvent elle regardait la montre de poche dans son main et elle commençait à pleurer amèrement. Mais elle espérait toujours le revoir de son mari bien-aimé. Elle était sure : Aussi longtemps que la montre de poche fonctionne, il est vivant et il revient.
Le jour de Noel 1942 le bébé est né. Irma a immédiatement écrit la bonne nouvelle de la naissance de leur fille à Ernst. Elle n’a jamais reçu de réponse. Le 2 févier 1943 Ernst est mort à Stalingrad. Les aiguilles de la montre se sont arrêtées pour toujours. Ma grand-mère n’a jamais rencontré son père. Irma n’a presque jamais parlé de lui.
Elle a gardé son souvenir dans son cœur. Les lettres et les photos ont été perdues dans le chaos de la guerre, tout sauf la montre française ! Malgré les circonstances difficiles, mon arrière-grand-mère n’a jamais été séparée de cette montre qui est le souvenir de son grand amour.
Beaucoup de temps est passé, beaucoup d’événements se sont passés, des blessures de la guerre ont été guéries et des souvenirs se sont estompés. Mon arrière-grand-mère Irma est morte depuis longtemps. Elle a donné la montre à sa fille, ma grand-mère Herta. Après ma mère, je la recevrai. Je garderai et je chérirai la vieille montre de poche.
On n’a jamais pu réparer la montre. Elle est morte pour toujours comme mon arrière-grand-père.
Marion, 16 ans, apprend le français depuis 3 ans et est en 10ème classe du Gymnasium der Schulstiftung Seligenthal à Landshut (Bavière).

