Tout commença un soir d'hiver. Nous étions tous rassemblés chez ma grand-mère pour les vacances. J'étais en train de me contruire une cabane dans le grenier. En fouillant à la recherche d'un drap, j'ai découvert une vieille boîte poussiéreuse et une petite clé accrochée par un cordon. Emporté par ma curiosité, je saisis la clé et la fit tourner dans la serrure. La boîte s'ouvrit et je pus voir à l'intérieur une enveloppe jaunie et des jumelles de théâtre. Je commençais par prendre l'enveloppe. À l'intérieur se trouvait une lettre écrite à mon arrière-grand-mère par une de ses amies Bérengère Martin.
Je transcris ici sa lettre d'adieu :
Paris le 20 novembre 1944,
"Ma chère Anne-Marie,
Je ne sais si je te reverrai un jour .Je quitte Paris de crainte d'être bombardée. Je vais me réfugier chez une cousine en Corse. J'espère que toi aussi tu seras en sécurité. En gage d'amitié et pour que tu ne m'oublies jamais, je t'envoie mes jumelles de théâtre qui te rappelleront les bons moments passés ensemble.
Garde espoir,
Ton amie Bérengère"
Reposant doucement la lettre, je pris les les jumelles, m'allongeais sur mon lit et les regardais attentivement. Puis je partis à la recherche de ma grand-mère. Cette dernière me raconta l'histoire de ces jumelles. Je remontais dans ma chambre, fermais les yeux et rêver de rencontrer les propriétaires de ces jumelles. Je me concentrais et je fus projetée plusieurs années en arrière. Je me trouvais assis sur un fauteuil de velours. Près de moi, un siège vide et dessus les jumelles de théâtre. Arriva près de moi une jeune fille habillée d'une robe de mousseline rose. Près de moi s'élevait la gracieuse silhouette de mon arrière grand-mère. Tout d'un coup la salle tomba dans l'obscurité et le ballet du lac Des Signes commença. Puis je fus projetée dans une salle plus vaste là commençait le ballet de Casse-Noisette. J'ouvris les yeux. Le cadeau de Bérengère était fabuleux. Je me représentais très bien tous les spectacles auquels elles avaient été conviées. Me relevant, je courus vers l'armoire pour voir si elle ne contenait pas d'autres trésors. En levant cartons et draps je vis une autre boîte. Que contenait elle ? Je l'ouvris et vis la robe de mousseline dont m'aviat parlé ma grand mère. Je la revêtis et je sentis très proche de cette gracieuse dame.
Victoire, 12 ans, apprend l'allemand depuis 3 ans et est en 5ème au Collège Sacré-Cœur de Vannes (Bretagne).